Camping d'hiver

Dans le scoutisme, j'ai relevé plusieurs défis dont celui-ci.

Tout a commencé lors d'une soirée offerte par la ville pour ses bénévoles  en novembre 1993.  Nous étions plusieurs du scoutisme a y participer et parmi ceux-ci se trouvaient des animateurs qui étaient aussi formateurs pour la technique appelée "Ours polaire".

L'un deux me dit ainsi qu'a des copines:  "c'est quand que vous venez faire votre Ours Polaire?"  Je lui ai répondu que j'étais beaucoup trop frileuse pour penser  aller dormir dehors avec les gros froids de l'hiver.  Il me répondit que lui aussi était un frileux et promis qu'avec les techniques appropriées, je ne gèlerais pas du tout lors de cette fin de semaine de camp.

Je laissai mijoter cela en moi quelques temps, en reparlai avec les copines et je décidai de relever le défi.

Janvier fut abordé avec une série de soirées où toute la technique nous fut donné:  quoi manger, quoi avoir comme vêtement, comment éviter l'hypothermie, de quelle façon se déroulerait la fin de semaine, comment construire l'abri de neige portant le nom de Quenzy.

Des équipes se formèrent  par Quenzy à construire, ainsi que des duos car chacun avait aussi pour tâche de s'assurer que l'autre n'avait point de signes de refroidissement.  La répartition de la nourriture se fit et de voir qui avait quoi comme équipement et ce qui pouvait manquer.

Je ne me souviens plus de la date exacte en février où cette expérience s'est vécue.

Le tout se déroulait plus au nord dans un terrain de camping.  Sur les lieux les toilettes étaient extérieures, un chalet chauffé était mis à la disposition des formateurs.

Nous sommes arrivés sur les lieux le vendredi soir, nous avons eux à marcher pour amener l'équipement et à monter les tentes qui nous serviraient de lieu pour entreposer et dormir lors de la première nuit.

Une aire de feu avait déjà été installée et dès le samedi matin au réveil, après un solide petit déjeuner, ce fut le début de la construction des Quenzy.

Un cercle d'une certaine dimension fut déblayé de sa neige, chaque Quenzy étaient de taille selon le nombre de personne qui l'occuperait.  Pour le notre, notre équipe était composé de 6 membres, 3 femmes et 3 hommes.

Par la suite nous amenions la neige dans ce cercle tout en la  compressant.  Vous pouvez voir sur la photo les gens qui a l'aide de raquettes aux pieds compressaient la neige.  Un bâton avait été placé au milieu et servait d'indicateur pour la hauteur que le Quenzy allait devoir atteindre.

Je suis celle qui a la pelle en main :-) et ma copine Carole est sur les raquettes à gauche.

La construction avait débuté vers 8h du matin et vers 11h la hauteur et largeur allaient en augmentant.  Ce fut une matinée où nous avons beaucoup pelleté pour prendre la neige autour et la placer pour le Quenzy.

Et voilà, ont voit ici 2 monticules de neige presque terminés.

C'est maintenant le temps de la pause pour le repas du midi.  Le monticule devait être laissé 2 heures afin que la neige se fige vraiment.  Vous voyez ici mon équipe à coté de la tente dans laquelle nous avions dormi la nuit d'avant.

Nous voici dans l'aire de feu, le feu restait allumé continuellement jour et nuit, les paravents servaient à protéger des vents et à contenir la chaleur à l'intérieur de cette aire.

Du café, des bouillons, de la bonne soupe chaude,  tout ce qu'il fallait afin que le corps ne manque de rien, pour alimenter la fournaise intérieure comme le disait les formateurs.

En avant première, un des formateurs.  Au moment des pauses, nous changions alors de vêtements au complet.  Le temps de pause nous servait aussi à préparer des activités pour la soirée comme dans toute bonne soirée scoute.

Et c'est le temps de continuer. Il nous fallait maintenant creuser dans l'intérieur et laisser comme couche de surface environ 6 à 8 pouces  (10 à 20 cm) de neige, des petits bâtons plantés un peu partout nous aidaient à savoir jusqu'où creuser à l'intérieur du monticule. Ma copine Johanne fut la première à la pelle, les autres nous prenions ensuite la neige sortie de là pour l'envoyer ailleurs.

Je n'ai malheureusement point d'autres photos.  Ce travail de creusage c'est terminé en fin de journée, aux environ de 19h.  Le trou par lequel on avait débuté fut bouché et un mini monticule avait été fait et creusé à son tour pour servir de passage pour entrer dans le Quenzy. Cela afin de couper le vent.  Une couverture servait de porte.

À l'intérieur du Quenzy, un monticule d'environ 1 pied (30 cm) avait été modelé par terre pour servir de base pour le lit sur lequel chacun des 6 membres de l'équipe allait dormir les uns à coté des autres.  Des chandelles de survie étaient allumées à l'intérieur afin de couper l'humidité.  Nous avions des sacs de couchage qui allaient avec des températures en dessous de zéro et du style Momie, soit que juste la figure sortait du sac, la tête était protégée.

Bien souvent nous perdons notre chaleur lors des froids de par les extrémités; têtes mains et pieds.  Il nous fallait alors veiller à ce que ces parties là soient bien couvertes.  Le froid s'insinue aussi dès qu'une partie de vêtement devient humide.  Donc tout au long de cette fin de semaine, il fallait veiller à ce que nos vêtements soient le moins humide possible et en changer dès que devenaient humide où que la cadence de travail donnée au corps changeait de rythme.  Être habillé moins chaudement le temps des travaux et plus chaudement lors des temps de repos.  Nous avions des bagages avec beaucoup de vêtements et dans des fibres aidant à garder le plus possible la chaleur du corps.

Dans un abri de neige, le facteur  vent est coupé et la neige sert d'isolant et augmente d'environ 15 degrés la température à l'intérieur de celui ci comparé à celle à l'extérieur. Pour cette fin de semaine nous avons eu des nuits de -30 degrés et la journée du samedi fut ensoleillé avec une température de -20 degrés .  Ici les degrés sont en Celcius.

Tout au long de cette fin de semaine, les formateurs se relayaient, car leur temps de sommeil était selon leur alternance pour surveiller le tout, même nos temps de sommeil, afin de s'assurer que personne ne souffre d'hypothermie.

En plein froid, dans un sac de couchage, le meilleur moyen de conserver sa chaleur est de dormir nu, car un vêtement entrave alors une partie de la circulation.  Comme je voulais relever le défi à fond, je vécu l'expérience en dormant nue.  Si dans la nuit ma vessie demandait  à être vidée, je devais alors prendre mes vêtements que j'avais  mis dans un sac en plastique et commencer à m'habiller à l'intérieur du sac de couchage.

Dès que la vessie est pleine, le corps se met automatiquement à prendre la chaleur  qu'il émet pour la réchauffer, d'où que , si on se retenait, plus on se retenait et plus on avait froid.   Très important dans ces moments là, de respecter les besoins essentiels du corps.

Tout au long de la fin de semaine, ils nous étaient fortement conseillés de prendre des temps de repos, respecter le corps, le nourrir avec des éléments essentiels à fournir la chaleur à celui-ci.  L'écouter pleinement, ne pas jouer aux héros et aller aux bout de ses forces physiques.  La nourriture était dans des glacières que nous avions enfouies dans la neige car la neige est à 0 comme degré.

Le dimanche matin au réveil, ce fut féerique car durant la nuit une belle neige était tombée.  Tous les Quenzys étaient revêtus d'une belle poudreuse.  La plupart des gens se sont levés tardivement au fil de la matinée.  Ce fut ensuite un bon repas près du feu et la préparation aux prises de photos et de démolir les Quenzys.  Ceci afin de rendre l'endroit sécuritaire après notre départ. Au cas où des enfants iraient jouer sur ce terrain et risque alors d'effondrement des Quenzys selon les températures plus clémentes.

Nous étions 30 adultes (15 femmes et 15 hommes) avec 3 formateurs, il y avait des hommes assez costauds dans la bande.  Pour démontrer la solidité des Quenzys, toute la bande à grimper sur chacun d'eux.  Ils nous fallu ensuite sauter dessus plusieurs fois afin  de voir les Quenzys s'effondrer car juste à être dessus, rien ne bougeait.

Tout au long de cette expérience, je n'ai jamais eu froid :-)  Au retour à la maison, nous n'avons mis aucun chauffage à l'intérieur de la camionnette et pourtant nous avions tous trop chaud.  Notre corps s'était habitué à vivre  avec les -20 et -30 degrés de façon continue.

Ce fut une expérience très enrichissante et qui fait que maintenant, quelque soit la température extérieure, rien ne m'empêche d'aller marcher dans les grands froids.  Et je suis encore une frileuse :-)))

L'hiver qui a suivi, ce fut au tour de nos filles à mes copines et moi, d'aller vivre l'expérience du camping d'hiver "Ours polaire" avec leur unité scoute. Elles étaient alors âgées entre 12 et 14 ans.  Pour celles-ci, si leurs mamans l'avaient fait, elles étaient capable aussi.

Toute unité scoute qui désire faire cette expérience, se doit d'avoir des animateurs qui ont obtenus leur brevet d'Ours Polaire.  Dans le district Scout de St-Jérome, les règlements sont très stricts afin d'assurer la sécurité des jeunes.

En décembre 1999- janvier 2000, au Québec, dans la ville de Québec même,  fut organisé un grand Jamboree Scout, des jeunes de partout dans le monde sont venus vivre l'expérience d'une grande rencontre et de camping d'hiver et cela pour eux, dans des tentes ou abris de neige avec moyen de chauffage :-))

Je sais qu'il existe au Québec des gens qui organisent des expériences de camping d'hiver pour ceux qui désirent vivre cette expérience.

Namaste

Merci de partager cette expérience avec moi

 

© lumdam 2004